05.09.2008
Le libertinage rend con
Je l’aime bien mon libertin.
Il me fait de la peine à ne penser qu’au cul toute la journée, à montrer son sexe en érection dès qu’une femme accepte de brancher sa webcam, à passer ses soirées sur le Net à chercher des partenaires de club, il me fait de la peine car il ne vit plus que pour ça, mais je l’aime bien.
Non seulement, il est malheureux mais en plus, ça l’a rendu con.
Alors je le distrais, je lui parle de livres, je l’accompagne pour acheter de nouvelles pompes et je lui ai promis de faire les ourlets de ses rideaux. Résultat, il m’appelle pour qu’on déjeune ensemble ou qu’on aille au ciné et moi je l’appelle pour baiser. Ce qu’il fait très bien par ailleurs, il est le seul, en ce moment, à me faire jouir. Cela n’a rien d’étonnant, puisqu’avec lui, il n’y a aucuns sentiments ni enjeu de séduction. J’assiste avec plaisir à sa renaissance à la vie. Il a repris le sport et son niveau de conversation a vachement évolué depuis quelques semaines, c’est bon signe. Il n’insiste presque plus pour que je sois une partenaire échangeable et délaisse ses sites live pour me rejoindre quand je vais me coucher.
Il faut avouer que j’ai quelque expérience en ce domaine. J’en ai déjà guéri un et depuis, il est heureux. Il s’éclate enfin dans son boulot, il sort, il écrit, fait de la photo (même pas érotique) et s’occupe de sa fille trop longtemps délaissée. Oh, ça n’a pas été une mince affaire et ça m’a pris un an. Il a fallu que je l’accompagne partout en respectant les dress code (oui, Valérie n’aime pas les lunettes), que je fasse semblant de m’intéresser (à défaut d’être excitée), que je porte son harnais de lesbienne anglaise (en cuir très doux, très agréable), que je trie tous ses bouquins de cul et les pornos, que je fasse bosser les maths à sa fille et surtout, il a fallu que je l’aime suffisamment pour passer beaucoup de temps à ça. Mais ça a marché. Aujourd’hui, il est heureux et sa fille cartonne en sciences.
Il est évident que je ne peux réserver le même traitement à mon libertin du moment, ça prend trop de temps, trop d’investissement, lui, je ne pourrai pas le sauver.
Mais au moins il se sent moins seul, je suis presque toujours disponible pour lui et moi, j’ai quelqu’un avec qui aller à Ikéa le dimanche.
Et ça, c’est le top !
(NB : pour celles qui sont intéressées, ses coordonnées sont dispos par mail, j’adore rendre service.)
19:13 Publié dans Ca rend con | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : libertin, vacuité


