09.10.2008

Peine à jouir

Avant de rencontrer l’Infidèle, tout allait bien.
Il m’arrivait, comme tout un chacun, d’avoir des baisses de libido mais globalement, ça allait. Au pire, je me masturbais une fois par jour.
Quant à mes amants, je n’ai jamais eu trop à m’en plaindre, sur la centaine d’hommes que j’ai connus bibliquement, je ne me souviens que d’une petite dizaine de mauvais coups, dont un éjaculateur précoce et un micro-pénis (oui, ça fait bizarre, d’ailleurs à ce propos, j’ai remarqué une proportionnalité entre la taille des mains et celle de la bite, mais passons). J’ai également eu une vingtaine d’amants légendaires et là, mes copines sont vertes de jalousie. Le reste, dans la moyenne honorable, pas désagréable, de toutes façons, je m’adapte. Je n’ai pas de sexualité propre, je m’adapte à celle de mon partenaire et j’aime ça, j’aime varier.
Tout ça pour dire qu’avant cette funeste rencontre je n’avais jamais eu à faire à un impuissant.
J’ai eu le cas - rare - d’un anéjaculateur authentique, un garçon qui n’avait jamais éjaculé dans un vagin ni un cul et j’avoue avec fierté que quelques temps en ma compagnie lui ont changé la vie. Bref, après cet exploit, je pensais pouvoir faire face à toutes les éventualités. Un impuissant ? Pfff, c d’la balle ! Eh bien non.
Car l’impuissant obsède. L’impuissant, après avoir tout essayé (croyez-moi sur parole, de toutes façons, je ne développerai pas), vous renvoie à vous-même. A votre pouvoir de séduction, à votre potentiel de désirabilité. Et quand le mec le fait exprès pour vous faire chier car il ne supporte pas l’idée que vous ayez eu plus d’amants que lui n’a eu de coïts dans sa vie, quand il veut vous dominer, quand vous n’êtes pas très bien dans votre peau à ce moment-là, eh bien le résultat est dramatique.
Je n’ai plus aucun désir sexuel.
Pourtant je sais tout ça, je sais qui il est, je sais ce qu’il m’a fait, je sais quelles étaient ses intentions, tout ça, je le sais. Rien n’y fait.
Mon sexe est mort.
Alors je lis des blogs de cul pour voir si ça m’inspire, je regarde quelques pornos pour voir si je mouille. Rien. C’est totalement mort.
C’est triste.
C’est très triste.
Par ailleurs, je n’ai jamais été portée sur l’érotisme. L’érotisme m’emmerde. Au mieux, c’est divertissant de lire tous ces efforts de désirs, tous ces efforts pour susciter le désir, au pire, c’est pathétique, pathétiquement chiant. L’érotisme, c’est la came du pauvre, ce qui lui permet d’exister dans sa misérable vie de merde ou ce qui lui permet de se faire connaître quand il aspire au talent, à la notoriété, même restreinte à une poignée d’internautes en mal de vibrations. Non, franchement, l’érotisme ne m’a jamais inspirée, j’y vois trop de misère individuelle. Quant aux efforts pour choquer, ça me fait doucement marrer.

Je crois que je vais attendre que ça passe.

Bon week-end !