06.09.2008
Rat Crevé
Ce n’est pas possible autrement, il y a un rat crevé chez moi.
Depuis des semaines, l’odeur ne cesse d’empirer malgré mes efforts pour aérer. Cantonnée initialement à la cuisine, cette atmosphère lourde, écoeurante, indéfinissable, s’est propagée dans la chambre des enfants puis la mienne et le salon. Maintenant, toutes les pièces sont infestées.
Je ne suis pas idiote, je sais bien que les deux paquets de cigarettes que je fume chaque jour, puis dont je jette les mégots à même la poubelle de la cuisine, sans prendre la peine - pourtant ce ne serait pas grand chose - de les enfermer auparavant dans un petit sac plastique afin d’éviter l’alchimie qui se crée entre l’humidité des épluchures de légumes, le gras des croûtes de fromage et le tabac froid, je sais bien que ces cigarettes, ces cendres et ces mégots ne sont pas totalement étrangers à l’odeur. Je sais aussi que la cage du lapin mériterait d’être changée plus souvent. Je sais enfin qu’une séance partielle de ménage une fois par mois ne suffit pas à considérer décemment que mon appartement parisien est propre et en bonne santé. Je sais tout ça. Mais il y a autre chose.
Au-delà de l’odeur de poubelle, de tabac, de rongeur, de poussière, il y a cette odeur reconnaissable entre toutes, celle de la putréfaction d’un organisme qui a été vivant.
Ca sent le rat crevé chez moi.
Et après avoir bien réfléchi à la question, fouillé les moindres recoins à la recherche du coupable cadavre, il a bien fallu que je me rende à cette évidence : le rat crevé, c’est moi.
13:31 Publié dans Rat Crevé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rat crevé, pour cui, drôle d'odeur pour une rencontre, joie de vivre


