09.02.2009
Les promesses du prépucecule
J’avais bien vu qu’il commençait à devenir pressant, insistant mais je comptais sur sa mansuétude naturelle pour gagner encore du temps. L’Insouciant n’est pas du genre à imposer sa volonté ni à forcer qui que ce soit à quoi que ce soit.
Cependant, depuis quelques semaines, il me faisait faire des promesses, qu’évidemment je ne tenais pas. Et ça n’avait pas l’air de le soucier plus que ça. C’était même devenu une blague, mes promesses, qui, comme chacun sait, n’engagent que ceux qui les reçoivent... Je disais d’accord pour demain ou oui, oui, ce soir promis. Le soir venu, je trouvais quinze prétextes, la fatigue, la migraine, le stress, l’envie de dormir, le mal au dos, trop de boulot, bref. C’est pas que j’avais pas envie, mais c’est que j’avais peur d’avoir mal. Terriblement peur. Je ne supporte pas la douleur physique. En plus, il tenait absolument à utiliser des accessoires (je ne suis pas franchement pour, je trouve ça dégueulasse, je préfère la méthode naturelle). Il fallait aussi que ce soit le bon moment. Assez rapidement, j’avais donc opté pour le week-end, période reconnue comme étant la plus propice (et qui me faisait gagner cinq jours sans que la discussion ne revienne sur le tapis, je suis rusée, n’est-ce pas ?).
C’est ainsi qu’en début de semaine dernière, comme d’habitude, j’ai promis pour ce week-end, hé hé. Vendredi, j’ai dit ok pour samedi. Et samedi soir, j’ai promis pour dimanche, après-tout, c’est toujours le week-end, non ?
Hier matin, j’étais donc tranquillement à lire, vautrée sur le canapé, le peignoir largement ouvert sur mes seins et mes jambes surélevées, j’étais en train de fumer une clope, confortable, peinarde et totalement inconsciente du danger qui allait s’abattre sur moi quand je l’ai vu arriver, une paire de ciseaux et un sachet à la main.
Je n’en revenais pas qu'il soit allé les acheter sans m'en parler.
Il m’a dit : - « C’est maintenant. »
J’ai vu à son regard que cette fois-ci, j’allais avoir du mal à négocier, voire que toute discussion serait strictement inutile. J’avais promis, ça fait des mois que je promets et que je me défile, il avait décidé de ne plus me laisser le choix. Je me suis offusquée, évidemment, en faisant appel à sa tolérance légendaire : - « Tu ne vas pas me forcer, quand même ? ». « Ben si », qu’il a répondu. Sur le moment, je n’ai pas vu d’autre issue que la fuite. Je me suis levée d’un bond et me suis précipitée dans le couloir, espérant trouver refuge dans la salle de bain qui ferme à clef. Il m’a rattrapée, il m’a plaquée face contre parquet et s’est assis à califourchon sur moi. Tandis que je l’insultais copieusement en me tortillant, il découpait tranquillement l’emballage sans rien dire. Puis j’ai arrêté de me débattre car je me faisais plus mal qu’autre chose. Alors il a relevé mon peignoir jusqu’au milieu du dos et d’une grande claque sonore, il m’a collé ce putain de patch à 21mg.
Depuis, j’ai mal.
12:00 Publié dans Feuilleton | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : du cochon pour la cochonne


