13.01.2009
La Crise rend con
C'est la Crise! Enfin... surtout pour les privilégiés.
Ce billet fait écho aux commentaires de Cui et d’Alex sur le précédent.
(But, nothing personal, les garçons, vous m'avez juste "inspirée"...)
Alors voilà, je connais peu de gens qui claquent des portes quand ils ne sont pas satisfaits de leur boulot.
A part moi.
Je l’ai déjà fait quatre fois.
La plupart de mes relations me traitent d’inconsciente ou de conne, c’est selon.
Ben oui, quand je claque une porte cela veut dire que je démissionne sans filet et sans assédics. J’ai même démissionné de la Fonction Publique.
D’autres comprennent que je suis une joueuse et admirent ma prise de risque, d’autant qu’il m’est arrivé par la suite de remporter des mises.
Et certains respectent mon courage de recommencer à zéro à chaque fois.
Par contre, je ne connais personne qui ait claqué le beignet à un patron humiliant ou des clients tortionnaires sans avoir auparavant assuré ses arrières. Et à vrai dire, je connais peu de gens qui aient fait les démarches nécessaires pour changer de job alors qu’ils ne s’épanouissaient pas dans leur travail.
Par contre, j’en connais beaucoup qui se plaignent.
Et putain, qu’est-ce que ça me gonfle !
C’est quoi cette bande d’assistés qui veut s’éclater dans son boulot mais ne prendre aucun risque ?
Je crois que c’est pour ça que je suis de droite.
Pourquoi ai-je pris tous ces risques alors que je n’ai pas de famille, deux enfants et un ex-mari au RMI ? Peut-être parce que je m’en fous des fringues, des accessoires, des vacances que je ne prends jamais, je m’en fous de camper dans un studio. Peut-être parce que j’ai été élevée en Seine-Saint-Denis et que mon obsession a été de passer le périph’. Peut-être parce que je n’avais rien au départ et donc rien à perdre. Peut-être par haine des nantis, des fils à papa, des privilégiés de toutes sortes. Peut-être par revanche sociale.
Est-ce que j’en suis fière ? Oui, évidemment, je suis fière d’avoir toujours respecté mes convictions et de pouvoir dire que je n’ai jamais été exploitée par un patron. Je suis fière d’avoir toujours fait ce que j’ai voulu.
Est-ce que j’en suis contente aujourd’hui ? Je ne sais pas. Je crois que oui.
Ce que je sais, c’est que je suis épuisée.
Je n’ai pas encore 40 ans mais je suis épuisée et je me dis que j’aimerais bien planctonner quelque part, je me dis qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie et que j’aimerais bien me poser.
Et finalement, ceux qui ont salaire à la fin de chaque mois ne savent pas la chance qu’ils ont.
Ils sont des privilégiés.
Ils ne s’en rendent pas compte car ils ont été habitués à leur petit confort et maintenant que c’est la crise, ils flippent, mais ils sont des privilégiés.
Et c’est pour ça que je ne supporte pas ces privilégiés qui se plaignent.
Je ne supporte pas.
(Pour ces raisons, mes amis de gauche, considèrent que ma droititude est une sorte d’anomalie de la nature.)
(PS: je ne maîtrise toujours pas cette putain de police qui a un sacré caractère et change quand bon lui semble à partir de word, j'ai même tenté de passer par le bloc-note, rien n'y fait, les différences de taille ne sont pas de mon fait.)

19:32 Publié dans Ca rend con | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : crise, privilégiés, droite, gauche, merde!


