26.01.2009

L'amour marchand

Je crois qu’il ne faut jamais accepter d’être aidée par amour.

Parce qu’ensuite, on se sent en dette.

 

Je crois qu’il ne faut jamais accepter d’aider l’autre par amour.

Parce qu’ensuite, on attend d’être aidée en retour.

 

Je crois que l’amour est la seule chose qui doit résister aux tractations marchandes.

 

Mais j’entends déjà hurler à l’individualisme forcené, signe de notre époque, cause de tous nos maux et bla bla bla. Pas du tout. Tout est dans le coût.

On peut aider ou être aidée tant que ça ne coûte rien, tant que ça ne représente pas un effort de part ou d’autre, tant que c’est «naturel ».

Il n’y a pas de « merci » qui tienne quand le plaisir est partagé.

 

En ce sens, la reconnaissance est le plus sûr moyen d’arriver un jour à faire les comptes et se sentir flouée ou attachée comme une chienne suppliant la main qui la caresse.

21.01.2009

La vie des animaux

Alors que je viens de poster ce commentaire chez Cui, je découvre un mail de Clown Triste suite à un autre de mes commentaires chez Don Juan.

(Oui, la vie des animaux, vous l’aurez compris, c’est celle des blogueurs, tout aussi passionnante, n’est-ce pas ?)

 

En substance, Clown Triste se (me) demande pourquoi les femmes sont attirées par les salauds.

 

Tout d’abord il faut préciser que ce n’est pas le cas de toutes les femmes, évidemment.

(A contrario, il existe pas mal de femmes autoritaires et dominatrices qui sont attirées par des mecs doux et adorables pour en faire leurs esclaves domestiques, ça dure un temps puis elles les quittent pour ces mêmes raisons, pestant de les trouver aussi conciliants.)

 

Ensuite, il faut préciser qu’à part les victimes perpétuelles, on ne peut pas vraiment dire que les femmes soient « attirées » par les salauds mais plutôt qu’elles n’ont pas les défenses nécessaires pour s’en protéger ou les repérer.

 

Parmi ces femmes, il y a les généreuses « trop bonne, trop conne ». Il y a les naïves qui manquent d’expérience et ne voient rien venir. Il y a les présomptueuses, celles qui croient qu’elles vont changer leur bourreau en agneau (elles rêvent !). Il y a les affamées, tellement en manque de mecs qu’elles s’accrochent à n’importe qui (dans cette catégorie, on met les trop moches, les trop grosses, les trop chiantes, etc.)

 

Bref, il y a différents types de femmes qui tombent dans les griffes de purs salauds mais toutes ces femmes ont un point commun : le manque de confiance en soi.

 

Ces femmes ont besoin d’admirer et d’être rassurées. Si elles admirent leur mec, le fait qu’un type aussi génial (de leur point de vue) s’intéresse à elles les rassure. Même s’il ne s’intéresse qu’à leur cul ou leur fric ou leur appart’ ou leurs relations ou leur cuisine (si, si, ça existe !). Même s’il les fait souffrir au-delà de ce qui est permis. Même si elles acceptent l’inacceptable. Il suffit que ces femmes admirent quelque chose chez le salaud (son physique, sa bite, son intelligence, son statut social, son fric, sa naissance, son ambition, sa créativité, bref, n’importe quoi qui touche leur propre manque profond), il suffit donc qu’elles trouvent le type formidable sur un seul point pour accepter tous ses défauts même les plus rédhibitoires et surtout, accepter de se faire maltraiter, accepter de ne pas être satisfaites, entendues, comprises.

 

Car tout simplement, il est rassurant d’être regardée ou baisée ou frappée ou exploitée par quelqu’un que l’on admire quand on manque de confiance en soi.

 

Dans les cas qui préoccupent Clown Triste, il s’agit de deux femmes évoquées par Don Juan. Au regard de cette lecture, il apparaît évident que l’Artiste, comme beaucoup d’artistes doit manquer de confiance en son talent. Quant à l’hôtesse, son profil est vraisemblablement celui d’une histrionique en demande d’attention et dont la principale crainte est l’abandon. Mais j’attends avec impatience les propres réponses de Don Juan…

 

Voilà, cher Clown Triste, mon avis sur la question. Je peux me tromper, évidemment ;-)

 

 

(PS : Storia Giovanna-Tiny, tu es la bienvenue, car j’aimerais bien comprendre pourquoi ça fait sept mois que tu vis avec un mec qui refuse de te lécher, qui refuse que tu le suces et qui refuse de t’enculer malgré les tests HIV alors que tu ne demandes que ça…)

06.11.2008

Trop mignon

aye-aye2.jpg

Aye Daubentonia

(en voie de disparition à Madagascar)

30.09.2008

Cervantes

 

" Il est dans la nature des femmes de dédaigner qui les aime et d'aimer qui les dédaigne".

 

Bon, d'un autre côté, je ne suis pas certaine que Cervantes soit le mieux placé pour débattre de la question amoureuse. Il n'empêche que j'aurais pu mettre cette phrase dans ma biographie.

 

 

25.09.2008

Prologue

« - Aujourd’hui, les hommes veulent des femmes comme-ceci, comme-cela.
- Ceux-là ne veulent pas aimer, ils veulent être satisfaits. »

Nous parlions des hommes, la plupart ou certains mais c’est valable pour les femmes, certaines ou la plupart, je ne sais pas. Il n’est pas question de différence de sexe, ni de quantification.
A vrai dire, je n’avais jamais imaginé une formulation aussi simple de ce que je croyais être un problème de phasage entre célibataires qui ont passé l’âge des premiers échecs de relations durables.

On bâtit ses relations sur les vestiges des précédentes.

On constate ce qui nous a fait plaisir et ce qui nous a fait souffrir chez l’autre, puis on en arrive à dire : ça je veux, ça je ne veux plus, ça j’accepte, ça je n’accepte plus. Ainsi, peu à peu, se dessine un portrait de ce qu’on pourrait appeler l’Autre Idéal, à un âge où justement on sait que cet idéal n’existe pas.
Il n’empêche.
On évalue, on jauge, on teste, on coche ses cases, on pose ses conditions.

Et si ce que je pensais être une perte de l’insouciance adolescente, une capitulation du « domaine de la lutte », et si ce phénomène de l’âge adulte était tout simplement une marque supplémentaire, ultime, d’un comportement consumériste?

En voulant être satisfait, comme on l’est par l’acquisition d’un juste achat, d’un produit de bon rapport qualité-prix, on ne peut plus aimer.

 

 

24.09.2008

Un homme demande à une femme...

 

-          Vous accepteriez de coucher avec moi pour 1 million d’euros ?

-          Hum… Oui.

-          Et pour 50 euros ?

-          Ca va pas, non ?! Vous me prenez pour une pute ?

-          Ca, c’est acquis. Maintenant, on discute du prix.

 

 

13.09.2008

Gamblers

Deux séducteurs, deux crânes rasés, deux tatoués, deux esprits vifs et brillants, deux amants parfaits.
Le même âge à deux mois près, les mêmes morceaux d’AC/DC en play-list, ça me fait craquer. Le même stock conséquent de préservatifs et de lubrifiant à portée de regard à côté du lit, le même miroir au pied. La même réserve de brosses à dents neuves pour les invitées, ainsi qu’une serviette de toilette et un peignoir propres à disposition. Des cotons, du démaquillant. Les deux séducteurs sont très prévoyants. Sans enfants, célibataires forcés mais pas forcenés, ils ont beaucoup vu, connaissent parfaitement les femmes et errent de plans culs en aventures, dans l’espoir de rencontrer enfin, celle qui sera digne de partager leur vie.

C’était assez troublant, à quelques semaines d’intervalle, de passer une nuit chez deux hommes aussi comparables et pourtant tellement différents.

Alors que le premier étalait ses expériences et se vantait d’avoir même du produit à lentilles pour les plus étourdies, le second n’a strictement rien dit en sortant une nouvelle brosse à dents du blister, alors que la sienne est électrique.
Le premier voulait m’impressionner, le second savait que je savais.
Le premier m’a fait passer un véritable entretien de débauche à l’embauche (ou l’inverse), le second ne m’a posé aucune question personnelle.
Le Séducteur croyait que j’étais une maman qui aime se faire peur en jouant la putain, l’Insouciant a compris sans un mot que j’étais une joueuse invétérée et ruinée.
Pour ça, il m’a respectée.
Entre joueurs, on se reconnaît.
Ensuite, j’ai pu lui parler.
Enfin, c’est surtout lui qui a parlé.

 

03.09.2008

Comment faire fuir un homme qui vous plaît?

Il est évident que les puissantes réflexions qui suivent s’adressent à des femmes d’expérience qui ne vont pas faire la grossière erreur de parler de leur désir d’enfants, de vie commune, de mariage ou de fidélité dans les dix premières minutes de conversation. Celles-là, je ne peux définitivement rien pour elles.

 

Non, je m’adresse aux filles de féministes, celles qui n’hésitent pas à prendre et à donner quand ça leur plaît, pour passer l’ennui, satisfaire leur libido, s’amuser ou coucher par inadvertance un soir de beuverie, bref, des femmes normales, quoi.

 

Il arrive qu’aux détours de leurs pérégrinations amoureuses ces femmes-là rencontrent un homme qui les subjugue dès le premier regard. Pas un coup de foudre, non, on n’a plus l’âge, mais une fascination presqu’instantanée, une connivence qui fait penser qu’avec lui, enfin, c’est « possible ». Sans savoir exactement comment, pas forcément tout de suite et sans aucune certitude de réussite mais juste de sentir qu’il existe cette possibilité d’une vraie relation, enfin !

 

En général, l’homme en question est un homme d’expérience, lui aussi, à l’aise, drôle, l’esprit vif, un joli sourire et un regard pétillant, un célibataire qui a fait le deuil de ses ex, mais pas désabusé non plus, un homme qui cherche, un peu comme nous, pas affamé ni désespéré, bref, un homme normal, quoi.

 

Hé bien, pour faire fuir cet homme, c’est très simple : il suffit de coucher au premier rendez-vous et de lui faire comprendre qu’il nous plaît, qu’on a envie de le revoir et plutôt rapidement.

 

Oui, je sais, ça paraît dingue, c’est même l’aberration du millénaire pour les femmes que nous sommes, mais c’est ainsi. L’homme séduisant a l’habitude de mettre les femmes dans son lit, c’est une évidence. Et nous, nous avons l’habitude de ne pas trop réfréner nos envies, on est des femmes libérées, quoi, merde ! Hé bien, avec cet homme-là, il ne faut pas coucher la première fois, surtout pas. Il faut le déstabiliser, justement, se faire mystérieuse, le faire douter de son pouvoir de séduction. Car une fois passées à l’acte (rarement décevant, c’est encore pire) nous rejoignons la cohorte de ses amantes dont il a souvent oublié les noms.

 

Après le dernier verre, il faut savoir le quitter et attendre qu’il rappelle, ce qu’il ne manquera pas de faire, totalement perturbé par cette issue imprévisible.

C’est frustrant, c’est vrai. Mais cette frustration-là n’est rien comparée à l’humiliation de découvrir assez rapidement que l’attirance n’était pas réciproque. Et elle ne peut plus l’être car nous nous sommes comportées comme les autres, or cet homme-là cherche une femme différente, forcément.

 

La prochaine fois, je penserai très fort à l’amour de mes dix-sept ans en me disant que c’était lui l’homme de ma vie (en plus, il vient de m’annoncer qu’il allait se marier, lui, le célibataire impénitent).

 

Voilà, c’est ça la solution pour ne pas céder la première fois quand on rencontre un homme qui nous plaît: penser à un autre.