29.06.2009
L'analyse rend con
Se connaître, s’accepter, retrouver l’estime de soi, faire des choses pour soi et non pour les autres, se réconcilier avec soi-même, savoir dire non, savoir où on se situe, s’occuper de son propre bien-être, cesser de culpabiliser.
La thérapie analytique est une leçon permanente d’égoïsme, la méthode Coué du nombrilisme et surtout le plus puissant agent du fameux « lâcher-prise ».
Il est vrai que les personnes égoïstes sont plus heureuses que les autres et celles qui ne se remettent jamais en question, les maîtres de l’univers. Pour accéder à la plénitude, il ne faut jamais culpabiliser. Après s’en être convaincu, on passe expert dans l’art de trouver les arguments pour le faire croire aux autres, en utilisant ce que les avocats de Practice appellent le « B plan » : on fait porter la responsabilité aux autres.
Exemple :
Avant. On fait tomber la casserole de pâtes et on se traite de conne, de moins que rien, de minable même pas foutu de porter une casserole brûlante sans la renverser, pas étonnant que Jules s'éloigne, je suis un tel boulet, etc.
Après. On fait tomber la casserole et on accuse Jules, sa mère ou le chat de ne pas avoir acheté de PQ sur la base du raisonnement suivant : s’ils avaient acheté du PQ, on n’aurait pas eu besoin d’utiliser le sopalin pour les chiottes, résultat on aurait pu essuyer la petite flaque d’eau qu’on a faite par terre dans la cuisine et on n’aurait pas glissé, ni fait le faux mouvement responsable du désastre. Une personne bien analysée, réussit même à faire porter la responsabilité de l’achat de PQ au chat. Si, si.
Bref, on se retrouve exactement à agir comme nos bourreaux agissaient quand nous étions des victimes toujours responsables de tout. On ne culpabilise plus, on fait culpabiliser les autres.
Personnellement, j’appelle ces gens-là des cons.
Et c’est bien parce que je n’avais pas l’intention de virer con que je n’ai pas poursuivi dans la voie de la thérapie.
Et que penser de ceux qui se lancent dans une analyse, c’est-à-dire un passe-temps pendant lequel ils ne feront que parler d’eux, que penser à eux, et où ils ne se préoccuperont que d’eux en permanence ? Car bien évidemment, le jeu consiste à consacrer chaque minute de sa conscience éveillée et même rêveuse à soi-même, à traquer les « signes » pour « mieux (se)comprendre », à chercher des « clefs magiques » qui ouvriraient des coffres remplis de petits Graal, bref, c’est un jeu qui occupe plus sûrement que de monter un perso niveau 80 à WoW (et je sais de quoi je parle ! j’ai une prêtresse de l’Ombre niveau 39, une très belle morte-vivante de la Horde dont je suis assez fière, faudra que je vous en touche deux mots, à l’occasion, d’autant qu’au niveau 40 je pourrai avoir les deux arborescences de l’Ombre et du Sacré, ce qui me permettra d’améliorer mes sorts de soins en donjon, parce que pour l’instant, je suis un peu juste en mana quand le tank agro plus de trois élites en même temps, bref).
Là aussi, j’ai baissé les bras. J’admets être un sujet passionnant, mais passer 24h/24 à ne penser qu’à moi, ça m’a épuisée.
Et quand ça s’arrête, quel bonheur d’être en vacances de soi-même !
Allez les filles, cet été, vous savez où aller : loin de vous…
15:46 Publié dans Ca rend con | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
ah! alors oui pour le début: on peut culpabiliser l'autre plutôt que soi (ce qui, entre nous soit dit était quand même une belle connerie, se culpabiliser soi, je veux dire) On peut donc culpabiliser l'autre: moi je réserverais ça à la mauvaise foi dans un débat (ça peut toujours servir) en revanche on peut tenter d'adapter ses principes de vie au monde qui nous entoure, enfin moi, là, j'essaye parce que sinon, avec mon honnêteté hors d'âge, je vais finir par , mais vraimen, passer pour une conne et ne plus supporter les autres. Pas besoin de thérapie pour ça, enfin j'espère!
Ecrit par : MademoiselleSix | 29.06.2009
la contradicteuse est de retour.
je n'ai jamais suivi de thérapie, mais j'ai pu voir l'effect bénéfique chez certaines personnes qui me sont proches et j'ai pu voir l'effet "ça ne change rien" sur d'autres. comme ma mère, elle fait partie de la catégorie que tu nommes "cons", ceux qui accusent le chat d'être la cause de la casserole qu'on fait tomber. cela elle le faisait très bien avant sa thérapie et après aussi. j'en conclus que sa thérapeute n'était pas la bonne (ma mère a arrêtà parce que sa thérapeute est morte), en fait elle la confortait dans son absence de remise en question, c'est sûrement pour cela que ma mère l'aimait bien vu qu'elle ne supporte pas la contradiction. une amie à moi a laissé tomber la sienne, parce qu'elle n'avançait pas (à 36 ans elle est toujours vierge)
pour ceux dont j'ai vu que c'était bénéfique (dans le style métamorphose), ils avaient un poids sur la poitrine qui les faisaient se sentir moins que rien. l'un deux était agressif (enfant il avait été abusé et il s'était blindé tout en gardant un sentiment d'injustice). l'autre, n'arrivait pas à se libérer de la culpabilité d'avoir quitté son mari. tous deux ont évolué grâce à la thérapie, sans faire de transfert de leurs problèmes sur les autres, au contraire, cela a amélioré leur rapport aux autres.
j'en conclus que si la thérapie ne fait pas d'effet bénéfique c'est que le thérapeute n'était pas le bon pour résoudre le "problème".
la thérapie comme passe-temps, tu as raison c'est un peu un luxe de oisifs...mais pour beaucoup c'est un moyen de soigner une âme blessée.
là où ce que tu dis, corrobore ce que m'ont dit les autres, la thérapie c'est épuisant et on se sent mal dans les heures qui suivent. c'est un peu normal, tout effort surhumain (ne serait-ce que sportif) est épuisant...
Ecrit par : columbine | 30.06.2009
@ Mademoiselle
"S'adapter au monde qui nous entoure", voilà un joli programme! Perso, j'essaye de faire l'inverse et bizarrement, ça marche pas^^
@Columbine
Ah ben voilà, on sait enfin d'où te vient cet esprit de contradiction ;-)
Je te répondrai plus longuement dans mon billet de demain pour préciser ma pensée mais globalement, je pense que nous sommes d'accord, tu me diras...
Ecrit par : Next | 30.06.2009
Ha ben moi aussi je vais jouer les cons qui se tâtent ...
La psychanalise je déteste! Mon ex putative belle-mère était adepte ... peut être faut il y voir une relation de cause toujours...
Par contre l'auto-analyse moi me bidonne!
Le gros avantage de l'auto-analyse c'est que si tu n'arrives à rien tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, et tout ça pour pas un rond! En plus tu te masturbes grave le neurone, ce qui a pour double bénéfice de t'épargner les biceps et de faire croître ton ego, ce qui te permets alors de toiser les autres avec un petit air de supériorité condescendante qui est vraiment exaspérante :)
Que du bonheur !
Ecrit par : philachev | 01.08.2009
Bienvenue philachev! Le mieux c'est quand même d'arrêter de se prendre le chou, non? :)
Ecrit par : Next | 10.08.2009
Et Diablo II, un intérêt?
Ecrit par : Delphine | 14.11.2009
Ecrire un commentaire