18.05.2009

Grosse Nouille

 

(Mais non, pas toi !…)

 

Le sevrage tabagique ne se passe pas très bien, pas mal d’effets secondaires que je ne connaissais pas et pourtant, en tant que tox de base, je suis assez calée sur la question, préparée au pire et propriétaire d’une pharmacie personnelle qui fait l’admiration de mes invité(e)s.

 

Parmi les effets les moins bizarres, il y a les insomnies.

Trois semaines que je ne dors plus, alors je lis. Des semaines que je n’ai pas le courage de sortir, pas de librairie dans mon quartier et la Fnac la plus proche est à deux jours de marche.

 

A force de me voir errer comme une âme en peine devant ma bibliothèque de 1500 livres (oui, plus de cinquante cartons de livres, c’est chouette d’emménager avec moi), sans en trouver un seul que j’aurais eu envie d’ouvrir, à force de me voir acheter Elle et Télé7jours (très très mauvais signe, chez moi) et de découvrir que je lisais TOUTES les lignes, de la première à la dernière, même l’ours, comme un enfant hypnotisé le matin par la prose qui recouvre les boites de corn-flakes, l’Insouciant a eu peur ou pitié, je ne sais pas, et m’a collé « Mort d’une héroïne rouge » de Qiu Xiaolong entre les mains, j’adore les polars.

 

J’ai bien accroché à ce premier opus qui raconte la première enquête criminelle d’un jeune inspecteur principal dans la Chine post-révolutionnaire des années 90. L’environnement politique est fascinant, drôle et terrifiant à la fois (l’auteur, pas fou, est exilé aux US et écrit en langue anglaise). La partie polar devient originale grâce à ça. Je voulais enchaîner avec le tome 2, malheureusement, on ne l’a pas retrouvé et le 3 s’est révélé n’être qu’une réplique du premier, ça m’a gonflé, dommage mais peu importe, là n’est pas le problème.

 

Le problème est que l’inspecteur principal Chen ne fait que s’arrêter pour bouffer des soupes aux nouilles, des dim-sum, du sichuanais, des brioches, des crabes et que son meilleur pote a ouvert un restaurant à Shangaï.

 

Depuis, j’ai envie de manger chinois tout le temps.

 

L’Insouciant m’a patiemment emmenée dans tout Belleville pour assouvir mon besoin d’expériences asiatiques (nous avons goûté les brioches fourrées, les ailerons de requins, les sauces aux haricots noirs, l’agar-agar, la salade de méduses, etc. je regrette cependant de ne pas avoir trouvé d’anguille), puis il a craqué et m’a acheté un gros stock de nouilles instantanées saveur poulet pour avoir la paix.

 

J’en mange deux fois par jour, l’envie de soupe de nouilles n’est toujours pas passée.

 

Je comptais attraper le « Journal d’un Vieux Dégueulasse » pour me remettre de mes lectures de Elle, mais vu mes réactions de compensations liées au sevrage, je crois que Bukowski, c’est pas une bonne idée en ce moment…

 

 

 

 

14.05.2009

La ménagère de moins de 50 ans

 

J’aime pas les fausses gentilles.

 

Je préfère les vraies garces.

 

 

C’est la réponse à la question que je me posais quand je me demandais pourquoi La Brune m’exaspérait autant, au-delà de ses minauderies.

 

A trop vouloir plaire, on se perd.

 

(PS : « Auteuse », c’est vraiment trop la honte, comme mot. Ecri-vaine ?)

 

 

13.05.2009

Le Vampire

Pas un seul jour ne se passe sans que je pense à lui.

 

Depuis plus de trois ans.

 

Et pourtant, je n’arrive pas à écrire une ligne de cette histoire.

 

Cela fait même des mois que je ne sais pas comment le nommer.

 

L’Ordure ? Le Pervers Narcissique ? Le Salopard ?

 

Finalement, « le Vampire », c’est pas mal.

 

Et c’est déjà un début.

 

 

 

11.05.2009

Mensonges d'Etat

Résumé Allociné :

Ancien journaliste blessé pendant la guerre en Irak, Roger Ferris (Di Caprio) est recruté par la CIA pour traquer un terroriste basé en Jordanie. Afin d’infiltrer son réseau, Ferris devra s’assurer le soutien du très roué vétéran de la CIA, Ed Hoffman (Russel Crowe) et du cher des renseignements jordaniens (Mark Strong), peut-être trop serviable pour être honnête. Bien que ces deux-là soient censés être ses alliés, Ferris s’interroge : jusqu’où peut-il leur faire confiance sans mettre toute son opération et sa vie en danger ?

 

* * *

 

A la lecture de ce résumé, on pourrait penser à une structure qui débuterait par le recrutement de Di Caprio en vue d’un objectif défini, à savoir : trouver où se cache le terroriste.

Il n’en est rien.

En fait, la première demi-heure est consacrée à montrer Di Caprio infiltré dans une opération en Irak (je n’ai pas compris qu’il était journaliste, vu qu’il est sous les ordres de Crowe dès le départ…). Cette opération échoue. Puis une autre aussi. Crowe lui en confie donc encore une autre en Jordanie, fixant ainsi un objectif concret au héros. Pendant toute cette première partie d’exposition, on ne sait pas trop ce que doit faire Di Caprio à part traquer des terroristes divers et variés. Les scènes se succèdent, sans qu’on sache ce que raconte le film, l’histoire n’a pas commencé, elle ne débute qu’une fois l’objectif fixé en Jordanie.

 

Développement : espionnage et contre-espionnage conventionnels avec un retournement de situation (un seul, bon…). Mais dans cette partie, il y a une licence poétique qui m’exaspère toujours dans les films : le héros tombe fou amoureux d’une infirmière qu’il a vu deux fois. Je dis « fou amoureux », car à cause d’elle, il va être mis en danger et torturé.

Cette histoire d’amour a une nécessité dramaturgique car elle enclenche la perte du héros. Le problème, c’est qu’on n’y croit pas du tout. Certes, c’est dû à un problème de casting évident, Di Caprio n’a pas le sex appeal de Brad Pitt et encore moins le talent de Russel Crowe (qui aurait été plus intéressant dans ce rôle bien qu’il soit excellent dans celui du chef anti-terroriste). Mais même avec un autre comédien, l’avènement de l’histoire d’amour en milieu de film fonctionne rarement car c’est une convention : au cinéma, on tombe rapidement amoureux et on fait rapidement des conneries par amour.

Une convention utilitaire pour la suite des péripéties, beaucoup l’acceptent, moi, ça m’énerve.

 

Indépendamment de cette structure bancale (mais qui peut plaire aux adeptes du contemplatif car elle est très bien filmée) et de l’intrusion artificielle de l’histoire d’amour, le vrai problème du scénario réside dans le mécanisme de la « mission » confiée à un héros.

 

A partir du moment où un personnage effectue une « mission » dans le cadre de son job, la seule poursuite de cette mission ne peut suffire à rendre le personnage intéressant même si l’on multiplie les péripéties. Ce qui rend le personnage intéressant, ce sont ses cas de conscience, ses dilemmes.

Il m’apparaît évident que cette règle s’applique à tous les héros « professionnels» : les flics, les avocats, les médecins, les espions, etc.

 

Dans Mensonges d’Etat, Di Caprio est un bon soldat qui a des problèmes à surmonter, c’est vrai, mais qui ne se pose aucune question intime sur ce qu’il fait.

Au final, le film est quelconque et globalement ennuyeux malgré une mise en scène inspirée (ben ouais, Ridley, il connaît son affaire), un Russel Crowe excellent et Mark Strong, que je ne connaissais pas, absolument génial dans un jeu minimaliste inquiétant.

 

(PS : j’adore les journalistes qui recopient bêtement le résumé du dossier de presse. De toute évidence, Allociné et moi, on n’a pas vu le même film…)

 

 

Mon blog et moi

Comme je vous le disais, je ne sais pas trop quoi faire de ce blog.

 

Non pas que je ne sache plus quoi écrire mais c’est la question de la cohérence qui se pose. Des Sens Indécents et Rat Crevé ne correspondent plus à mes envies, ni même et surtout à mes besoins. J’ai besoin d’organiser des notes sur différents sujets et les plateformes des blogs avec leurs catégories sont idéales pour ça. J’ai besoin également de me souvenir. Ne pas oublier certains évènements désagréables, ne pas les refouler.

 

Je pourrais faire comme la plupart d’entre vous/nous et ouvrir des blogs dédiés, par thème, par couleur. Fermer celui-ci et en ouvrir un autre.

 

Je pourrais aussi garder mes notes pour moi (elles ne sont pas passionnantes et je n’ai pas envie de faire d’effort de rédaction pour les rendre agréables à lire).

 

J’aurais pu.

 

Finalement et après une longue réflexion immobilisante, je vais garder ce blog tel qu’il est, avec son passé, tout en l’écrivant pour moi, dans son présent.

 

Et tant pis pour la cohérence. Après tout, je hais les blogs...

 

 

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06.05.2009

Convalescence

Je passe ici de temps en temps, je regarde ma page, toujours la même depuis deux mois et je me demande ce que je vais bien pouvoir raconter.

 

Par où commencer ? Donner de mes nouvelles (tout le monde s’en fout) ? Recommencer comme si de rien n’était ? Mais pour faire quoi ?

 

Les quelques lecteurs qui me suivent depuis le début auront compris que ma vie a totalement changé en quelques mois.

Ben oui.

Je suis guérie.

 

En commençant ce blog, je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite, installée depuis trois ans dans une sale dépression qui a fini par faire partie de moi. Trois ans, c’est long. Suffisamment long pour s’habituer à cet état devenu une fatalité. Et puis ma rencontre avec l’Insouciant. Ce garçon incroyable qui m’a sorti de là sans faire mine d’y toucher. Il dit qu’il n’a rien fait et quelque part, c’est vrai. Pas de coup d’éclat, pas d’action spéciale, pas de longues discussions sur la question, voire aucune, on n’en parlait pas. Mais ce qui est vrai aussi, c’est que sans lui, je n’aurais jamais eu le courage de retourner affronter la vie.

 

Alors les nouvelles (en attendant de trouver mieux).

Depuis mon dernier billet :

-         j’ai recommencé à fumer quelques jours après ;

-         j’ai quitté mon appart’, lui le sien et nous avons emménagé ensemble ;

-         j’ai mis fin à mes séances de psy ;

-         j’ai arrêté de nouveau la clope il y a trois semaines, avec succès, cette fois ;

-         je n’ai plus de boulot mais de nouvelles pistes que je suis mollement ;

-         j’attends que ça passe.

 

Est-ce que je suis heureuse ? Pas encore, non. Mais je suis fière du chemin parcouru. J’ai l’impression de réapprendre à vivre. C’est lent, c’est pas évident mais les perspectives sont prometteuses.

 

Je me suis fixé un objectif : être sublime le jour de mes 40 ans.

 

Il me reste seize mois.

 

Ca devrait être jouable.

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