11.05.2009

Mensonges d'Etat

Résumé Allociné :

Ancien journaliste blessé pendant la guerre en Irak, Roger Ferris (Di Caprio) est recruté par la CIA pour traquer un terroriste basé en Jordanie. Afin d’infiltrer son réseau, Ferris devra s’assurer le soutien du très roué vétéran de la CIA, Ed Hoffman (Russel Crowe) et du cher des renseignements jordaniens (Mark Strong), peut-être trop serviable pour être honnête. Bien que ces deux-là soient censés être ses alliés, Ferris s’interroge : jusqu’où peut-il leur faire confiance sans mettre toute son opération et sa vie en danger ?

 

* * *

 

A la lecture de ce résumé, on pourrait penser à une structure qui débuterait par le recrutement de Di Caprio en vue d’un objectif défini, à savoir : trouver où se cache le terroriste.

Il n’en est rien.

En fait, la première demi-heure est consacrée à montrer Di Caprio infiltré dans une opération en Irak (je n’ai pas compris qu’il était journaliste, vu qu’il est sous les ordres de Crowe dès le départ…). Cette opération échoue. Puis une autre aussi. Crowe lui en confie donc encore une autre en Jordanie, fixant ainsi un objectif concret au héros. Pendant toute cette première partie d’exposition, on ne sait pas trop ce que doit faire Di Caprio à part traquer des terroristes divers et variés. Les scènes se succèdent, sans qu’on sache ce que raconte le film, l’histoire n’a pas commencé, elle ne débute qu’une fois l’objectif fixé en Jordanie.

 

Développement : espionnage et contre-espionnage conventionnels avec un retournement de situation (un seul, bon…). Mais dans cette partie, il y a une licence poétique qui m’exaspère toujours dans les films : le héros tombe fou amoureux d’une infirmière qu’il a vu deux fois. Je dis « fou amoureux », car à cause d’elle, il va être mis en danger et torturé.

Cette histoire d’amour a une nécessité dramaturgique car elle enclenche la perte du héros. Le problème, c’est qu’on n’y croit pas du tout. Certes, c’est dû à un problème de casting évident, Di Caprio n’a pas le sex appeal de Brad Pitt et encore moins le talent de Russel Crowe (qui aurait été plus intéressant dans ce rôle bien qu’il soit excellent dans celui du chef anti-terroriste). Mais même avec un autre comédien, l’avènement de l’histoire d’amour en milieu de film fonctionne rarement car c’est une convention : au cinéma, on tombe rapidement amoureux et on fait rapidement des conneries par amour.

Une convention utilitaire pour la suite des péripéties, beaucoup l’acceptent, moi, ça m’énerve.

 

Indépendamment de cette structure bancale (mais qui peut plaire aux adeptes du contemplatif car elle est très bien filmée) et de l’intrusion artificielle de l’histoire d’amour, le vrai problème du scénario réside dans le mécanisme de la « mission » confiée à un héros.

 

A partir du moment où un personnage effectue une « mission » dans le cadre de son job, la seule poursuite de cette mission ne peut suffire à rendre le personnage intéressant même si l’on multiplie les péripéties. Ce qui rend le personnage intéressant, ce sont ses cas de conscience, ses dilemmes.

Il m’apparaît évident que cette règle s’applique à tous les héros « professionnels» : les flics, les avocats, les médecins, les espions, etc.

 

Dans Mensonges d’Etat, Di Caprio est un bon soldat qui a des problèmes à surmonter, c’est vrai, mais qui ne se pose aucune question intime sur ce qu’il fait.

Au final, le film est quelconque et globalement ennuyeux malgré une mise en scène inspirée (ben ouais, Ridley, il connaît son affaire), un Russel Crowe excellent et Mark Strong, que je ne connaissais pas, absolument génial dans un jeu minimaliste inquiétant.

 

(PS : j’adore les journalistes qui recopient bêtement le résumé du dossier de presse. De toute évidence, Allociné et moi, on n’a pas vu le même film…)

 

 

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