28.01.2009
Tire-toi!
Je le sens tout proche, je sens sa présence, son haleine puante, ses yeux ricaneurs qui m’épient. Il n’y a qu’à voir l’état de l’appartement pour savoir qu’il rôde dans les parages et qu’il m’attend, tapi, même pas dans l’ombre.
Le problème avec l’Insouciant, c’est qu’il est insouciant, justement. Cet état de bordel et de porcherie, aggravé par la nonchalance de deux (pré)ados larvaires dès qu’il s’agit de ranger une cuiller et pétant le feu tout le reste du temps, ce souk permanent où tous les matins on cherche à retrouver les chaussettes de la veille parce que je suis à la bourre sur les lessives, hé bien l’Insouciant, dont le propre appartement est en ordre et d’une hygiène irréprochable, ça ne le dérange pas du tout cette crasse qui s’accumule, la sciure du lapin qui déborde, les poubelles pas descendues, les draps pas changés depuis … heu, non, je ne vais pas le dire, bref, il s’en fout.
Et comme il s’en fout, ça ne m’incite pas à endosser mon tablier de soubrette pour récurer.
Plein d’autres choses à faire en ce moment. Pas le temps.
Pas le temps ?
C’est faux, totalement faux. « Pas l’envie » est plus juste. Rien d’anormal à ça, je ne vois pas qui aurait « envie » de nettoyer des chiottes ou dégraisser la cuisinière. Malheureusement, ce n’est pas cette absence d’envie-là.
C’en est une autre que je connais bien et qui n’a rien à voir avec l’ennui de passer l’aspi.
Après une journée sans fumer, mardi dernier, je l’ai vu trottiner dans le couloir et reprendre ses quartiers. Le soir même, j’ai craqué mais ça ne l’a pas chassé. Il est resté là, tout le temps que je fumais, à m’attendre, sûr de lui, certain de sa puissance de sale petit rat crevé.
Et depuis, il n’a pas bougé.
Il faut absolument que je passe à deux séances par semaine.
16:16 Publié dans Rat Crevé | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
26.01.2009
L'amour marchand
Je crois qu’il ne faut jamais accepter d’être aidée par amour.
Parce qu’ensuite, on se sent en dette.
Je crois qu’il ne faut jamais accepter d’aider l’autre par amour.
Parce qu’ensuite, on attend d’être aidée en retour.
Je crois que l’amour est la seule chose qui doit résister aux tractations marchandes.
Mais j’entends déjà hurler à l’individualisme forcené, signe de notre époque, cause de tous nos maux et bla bla bla. Pas du tout. Tout est dans le coût.
On peut aider ou être aidée tant que ça ne coûte rien, tant que ça ne représente pas un effort de part ou d’autre, tant que c’est «naturel ».
Il n’y a pas de « merci » qui tienne quand le plaisir est partagé.
En ce sens, la reconnaissance est le plus sûr moyen d’arriver un jour à faire les comptes et se sentir flouée ou attachée comme une chienne suppliant la main qui la caresse.
13:29 Publié dans Séduction | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
21.01.2009
La vie des animaux
Alors que je viens de poster ce commentaire chez Cui, je découvre un mail de Clown Triste suite à un autre de mes commentaires chez Don Juan.
(Oui, la vie des animaux, vous l’aurez compris, c’est celle des blogueurs, tout aussi passionnante, n’est-ce pas ?)
En substance, Clown Triste se (me) demande pourquoi les femmes sont attirées par les salauds.
Tout d’abord il faut préciser que ce n’est pas le cas de toutes les femmes, évidemment.
(A contrario, il existe pas mal de femmes autoritaires et dominatrices qui sont attirées par des mecs doux et adorables pour en faire leurs esclaves domestiques, ça dure un temps puis elles les quittent pour ces mêmes raisons, pestant de les trouver aussi conciliants.)
Ensuite, il faut préciser qu’à part les victimes perpétuelles, on ne peut pas vraiment dire que les femmes soient « attirées » par les salauds mais plutôt qu’elles n’ont pas les défenses nécessaires pour s’en protéger ou les repérer.
Parmi ces femmes, il y a les généreuses « trop bonne, trop conne ». Il y a les naïves qui manquent d’expérience et ne voient rien venir. Il y a les présomptueuses, celles qui croient qu’elles vont changer leur bourreau en agneau (elles rêvent !). Il y a les affamées, tellement en manque de mecs qu’elles s’accrochent à n’importe qui (dans cette catégorie, on met les trop moches, les trop grosses, les trop chiantes, etc.)
Bref, il y a différents types de femmes qui tombent dans les griffes de purs salauds mais toutes ces femmes ont un point commun : le manque de confiance en soi.
Ces femmes ont besoin d’admirer et d’être rassurées. Si elles admirent leur mec, le fait qu’un type aussi génial (de leur point de vue) s’intéresse à elles les rassure. Même s’il ne s’intéresse qu’à leur cul ou leur fric ou leur appart’ ou leurs relations ou leur cuisine (si, si, ça existe !). Même s’il les fait souffrir au-delà de ce qui est permis. Même si elles acceptent l’inacceptable. Il suffit que ces femmes admirent quelque chose chez le salaud (son physique, sa bite, son intelligence, son statut social, son fric, sa naissance, son ambition, sa créativité, bref, n’importe quoi qui touche leur propre manque profond), il suffit donc qu’elles trouvent le type formidable sur un seul point pour accepter tous ses défauts même les plus rédhibitoires et surtout, accepter de se faire maltraiter, accepter de ne pas être satisfaites, entendues, comprises.
Car tout simplement, il est rassurant d’être regardée ou baisée ou frappée ou exploitée par quelqu’un que l’on admire quand on manque de confiance en soi.
Dans les cas qui préoccupent Clown Triste, il s’agit de deux femmes évoquées par Don Juan. Au regard de cette lecture, il apparaît évident que l’Artiste, comme beaucoup d’artistes doit manquer de confiance en son talent. Quant à l’hôtesse, son profil est vraisemblablement celui d’une histrionique en demande d’attention et dont la principale crainte est l’abandon. Mais j’attends avec impatience les propres réponses de Don Juan…
Voilà, cher Clown Triste, mon avis sur la question. Je peux me tromper, évidemment ;-)
(PS : Storia Giovanna-Tiny, tu es la bienvenue, car j’aimerais bien comprendre pourquoi ça fait sept mois que tu vis avec un mec qui refuse de te lécher, qui refuse que tu le suces et qui refuse de t’enculer malgré les tests HIV alors que tu ne demandes que ça…)
11:56 Publié dans Séduction | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
19.01.2009
Le dernier jour de ma nouvelle vie
Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec un hypnotiseur.
Pour arrêter de fumer.
Si ça ne marche pas, il ne me restera plus qu’à aller en désintox.
J’ai un emphysème diagnostiqué depuis un an.
Et pourtant.
Impossible d’arrêter.
Tout essayé, évidemment, plusieurs fois, depuis au moins six ans. Beaucoup lu sur la question. Beaucoup de séances de psy consacrées à ça. Rien n’y a fait.
A part l’hypnotiseur, je vois pas.
Le moment n’est pas si mal choisi : comme prévu, tous mes contrats se sont cassés la gueule depuis la rentrée. Plus de boulot. A nouveau, il faut en chercher, recommencer à zéro. Et puis organiser le déménagement. J’avais lu quelque part que les déménagements dans l’échelle du stress étaient en deuxième position après le divorce et juste avant le chômage.
Je transpire à tremper le matelas toutes les nuits depuis deux semaines. Tout le lit est mouillé et froid, même la couette. Ca ne m’était jamais arrivée. Pas des petites suées, non, les grandes eaux, l’équivalent d’une casserole remplie balancée sur le lit. L’Insouciant éponge. Il va me chercher des serviettes de toilette. Il a abandonné l’idée de prendre ma place mouillée pour me donner son coin sec, car une heure après, c’est tout le lit qui est trempé. Donc nous dormons avec une pile de serviettes que je change régulièrement au milieu de la nuit. La couette en plumes pue, changer la housse tous les jours ne change plus rien, la couette est humide de l’intérieur, elle n’a pas le temps de sécher en une journée.
Donc le moment est plutôt bien choisi pour arrêter de fumer.
J’ai peur évidemment. Peur de quoi ? De ne plus réussir à me concentrer, de ne plus arriver à travailler. Le manque physique ne m’inquiète pas, je l’ai déjà pratiqué. En une semaine, le corps est débarrassé de nicotine, c’est juste un mauvais moment à passer. J’ai peur de la souffrance psychique. Vingt ans que je fume. Ces dix dernières années, deux paquets par jour, voire plus. Une vraie droguée.
Et puis je me sens minable. Tous ces gens autour de moi qui ont réussi à arrêter. Même de très gros fumeurs, comme moi.
Je connais par cœur tous les avantages d’une vie sans cigarette et je les veux, j’en ai envie. Je connais par cœur tous les dangers et je suis même déjà atteinte. J’ai toutes les motivations possibles et aussi la volonté. Pourtant, jusqu’à présent, j’ai toujours échoué.
A cause du stress. A cause de mon putain de boulot.
RV à 14h. On verra bien.
10:16 Publié dans Feuilleton | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
13.01.2009
La Crise rend con
C'est la Crise! Enfin... surtout pour les privilégiés.
Ce billet fait écho aux commentaires de Cui et d’Alex sur le précédent.
(But, nothing personal, les garçons, vous m'avez juste "inspirée"...)
Alors voilà, je connais peu de gens qui claquent des portes quand ils ne sont pas satisfaits de leur boulot.
A part moi.
Je l’ai déjà fait quatre fois.
La plupart de mes relations me traitent d’inconsciente ou de conne, c’est selon.
Ben oui, quand je claque une porte cela veut dire que je démissionne sans filet et sans assédics. J’ai même démissionné de la Fonction Publique.
D’autres comprennent que je suis une joueuse et admirent ma prise de risque, d’autant qu’il m’est arrivé par la suite de remporter des mises.
Et certains respectent mon courage de recommencer à zéro à chaque fois.
Par contre, je ne connais personne qui ait claqué le beignet à un patron humiliant ou des clients tortionnaires sans avoir auparavant assuré ses arrières. Et à vrai dire, je connais peu de gens qui aient fait les démarches nécessaires pour changer de job alors qu’ils ne s’épanouissaient pas dans leur travail.
Par contre, j’en connais beaucoup qui se plaignent.
Et putain, qu’est-ce que ça me gonfle !
C’est quoi cette bande d’assistés qui veut s’éclater dans son boulot mais ne prendre aucun risque ?
Je crois que c’est pour ça que je suis de droite.
Pourquoi ai-je pris tous ces risques alors que je n’ai pas de famille, deux enfants et un ex-mari au RMI ? Peut-être parce que je m’en fous des fringues, des accessoires, des vacances que je ne prends jamais, je m’en fous de camper dans un studio. Peut-être parce que j’ai été élevée en Seine-Saint-Denis et que mon obsession a été de passer le périph’. Peut-être parce que je n’avais rien au départ et donc rien à perdre. Peut-être par haine des nantis, des fils à papa, des privilégiés de toutes sortes. Peut-être par revanche sociale.
Est-ce que j’en suis fière ? Oui, évidemment, je suis fière d’avoir toujours respecté mes convictions et de pouvoir dire que je n’ai jamais été exploitée par un patron. Je suis fière d’avoir toujours fait ce que j’ai voulu.
Est-ce que j’en suis contente aujourd’hui ? Je ne sais pas. Je crois que oui.
Ce que je sais, c’est que je suis épuisée.
Je n’ai pas encore 40 ans mais je suis épuisée et je me dis que j’aimerais bien planctonner quelque part, je me dis qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie et que j’aimerais bien me poser.
Et finalement, ceux qui ont salaire à la fin de chaque mois ne savent pas la chance qu’ils ont.
Ils sont des privilégiés.
Ils ne s’en rendent pas compte car ils ont été habitués à leur petit confort et maintenant que c’est la crise, ils flippent, mais ils sont des privilégiés.
Et c’est pour ça que je ne supporte pas ces privilégiés qui se plaignent.
Je ne supporte pas.
(Pour ces raisons, mes amis de gauche, considèrent que ma droititude est une sorte d’anomalie de la nature.)
(PS: je ne maîtrise toujours pas cette putain de police qui a un sacré caractère et change quand bon lui semble à partir de word, j'ai même tenté de passer par le bloc-note, rien n'y fait, les différences de taille ne sont pas de mon fait.)

19:32 Publié dans Ca rend con | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : crise, privilégiés, droite, gauche, merde!


