19.01.2009

Le dernier jour de ma nouvelle vie

Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec un hypnotiseur.

Pour arrêter de fumer.

Si ça ne marche pas, il ne me restera plus qu’à aller en désintox.

J’ai un emphysème diagnostiqué depuis un an. 

Et pourtant.

Impossible d’arrêter.

Tout essayé, évidemment, plusieurs fois, depuis au moins six ans. Beaucoup lu sur la question. Beaucoup de séances de psy consacrées à ça. Rien n’y a fait.

A part l’hypnotiseur, je vois pas.

Le moment n’est pas si mal choisi : comme prévu, tous mes contrats se sont cassés la gueule depuis la rentrée. Plus de boulot. A nouveau, il faut en chercher, recommencer à zéro. Et puis organiser le déménagement. J’avais lu quelque part que les déménagements dans l’échelle du stress étaient en deuxième position après le divorce et juste avant le chômage.

Je transpire à tremper le matelas toutes les nuits depuis deux semaines. Tout le lit est mouillé et froid, même la couette. Ca ne m’était jamais arrivée. Pas des petites suées, non, les grandes eaux, l’équivalent d’une casserole remplie balancée sur le lit. L’Insouciant éponge. Il va me chercher des serviettes de toilette. Il a abandonné l’idée de prendre ma place mouillée pour me donner son coin sec, car une heure après, c’est tout le lit qui est trempé. Donc nous dormons avec une pile de serviettes que je change régulièrement au milieu de la nuit. La couette en plumes pue, changer la housse tous les jours ne change plus rien, la couette est humide de l’intérieur, elle n’a pas le temps de sécher en une journée.

 

Donc le moment est plutôt bien choisi pour arrêter de fumer.

 

J’ai peur évidemment. Peur de quoi ? De ne plus réussir à me concentrer, de ne plus arriver à travailler. Le manque physique ne m’inquiète pas, je l’ai déjà pratiqué. En une semaine, le corps est débarrassé de nicotine, c’est juste un mauvais moment à passer. J’ai peur de la souffrance psychique. Vingt ans que je fume. Ces dix dernières années, deux paquets par jour, voire plus. Une vraie droguée.

 

Et puis je me sens minable. Tous ces gens autour de moi qui ont réussi à arrêter. Même de très gros fumeurs, comme moi.

 

Je connais par cœur tous les avantages d’une vie sans cigarette et je les veux, j’en ai envie. Je connais par cœur tous les dangers et je suis même déjà atteinte. J’ai toutes les motivations possibles et aussi la volonté. Pourtant, jusqu’à présent, j’ai toujours échoué.

A cause du stress. A cause de mon putain de boulot.

 

RV à 14h. On verra bien.

 

Commentaires

et donc, tu as vu quoi?

Ecrit par : alex12000 | 19.01.2009

J'ai vu que j'étais légèrement présomptueuse d'arrêter la clope en même temps que l'alcool tout en suivant depuis une semaine un régime affamant pour un examen médical à passer demain.
Lundi soir, j'ai failli tuer mes enfants.
Mardi après-midi, j'ai appelé l'hypnotiseur pour l'insulter après avoir insulté la fille de l'agence immobilière qui me demandait une caution parentale. Quelques heures plus tard, je sortais hystérique et en larmes m'acheter un paquet.
Je recommence vendredi car la méthode me paraît bonne. Suffit juste de pas avoir d'enfants, pas de régime, pas de boulot, pas d'ex-mari larvaire et de disposer de deux boites de valium.
Vendredi, ce sera parfait.

Ecrit par : Next | 21.01.2009

oui...
ou consulter un tabacologue? un spécialiste te dirait probablement qu'il y a des périodes propices pour arrêter...
Mais bon, t'es une grande fille.

Ecrit par : Alex12000 | 21.01.2009

Bah, tu sais, j'ai déjà essayé plusieurs fois avec différentes méthodes: à l'arrache sans substitut nicotinique, avec substituts, avec du Champix, de l'homéopathie, des fleurs de Bach, de l'accuponcture, par la méthode Alan Carr, etc. et je crois avoir lu tout ce qui était disponible sur la question.

Quand aux périodes propices, j'ai essayé les vacances, j'ai essayé les périodes calmes de boulot, les moins calmes, j'ai essayé avec ou sans les enfants, avant, pendant et après la dépression, j'ai essayé aux quatre saisons, avec ou sans sport. Bref.

Mon généraliste est tabacologue, il est totalement désespéré par mon cas...

Non, à part m'attacher dans une pièce et me laisser hurler comme pour les sevrages de l'héro, je vois pas.

C'est pitoyable. Les vrais drogués sont pitoyables.

Ecrit par : Next | 21.01.2009

Bis repetita mais comme je te comprends, je n'ai jamais tenté aucune méthode (même si j'ai vu quelqu'un en mourrir et même si je me ruine la santé, le teint, les dents et la bourse) tu peux pas savoir ce que j'ai honte d'être aussi accro.
Des fois je me dis même qu'au moins en m'étant focalisée sur le tabac, j'ai jamais touché à la coke ni à l'herbe, je sais le raisonnement est assez piteux, mais je ne trouve que ça!
Je me suis néanmoins promis de passer cette année une journée complète sans tabac...

Ecrit par : MademoiselleSix@Next | 21.01.2009

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