24.10.2008

FBI: Fausse Bonne Idée

Je savais, en ouvrant ce nouveau blog, que ce n’était pas une bonne idée.

Je savais que cette activité, pour être amusante, nécessite du temps que je n’avais pas.

Je savais aussi que je ne pourrais pas tout dire.

Mais j’avais pour projet de compiler ma correspondance, mes notes et mes pensées sur la Vie et l’Amour. De les organiser, de ranger ma tête. Ca, je pouvais le faire avec la liberté que confère l’anonymat.

Il n’empêche.

Je n'ai définitivement pas le temps et beaucoup d'autres jouets par ailleurs. Je vais donc remettre cette vaste entreprise à plus tard et laisser mon bordel en l'état.

Je reste dans les parages pour un petit billet par-ci, par-là, on ne sait jamais.

Je vous remercie de m’avoir lue et de m’avoir accueillie sur vos blogs.

 

A =

16.10.2008

La distraite

Il y a des choses que je ne vois pas.

 

Pendant mes années de mariage, je me souviens de quelques personnes qui me disaient d’un air embêté : « quand je parle à ton mari, je ne sais pas quel œil regarder ». J’en étais toujours surprise car je ne m’étais jamais posé la question.

En y réfléchissant et tout à fait objectivement, mon mari avait un strabisme divergent assez important mais je ne le voyais pas, sauf quand on m’en faisait la remarque. Je ne le voyais tellement pas que je ne me souviens pas lui avoir jamais demandé s’il avait envisagé de se faire opérer, s’il voyait correctement ou toute autre question relative à ses yeux. En dix ans, je crois bien qu’on n’en a jamais parlé. Ce strabisme faisait partie de lui et je n’y voyais rien de remarquable.

 

Avec l’Insouciant, c’est une réflexion de ma fille qui m’a ouvert les yeux.

 

Nous avions passé une soirée tripot comme c’est souvent le cas, le samedi soir chez moi et on s’était franchement marrés, bien que l’Insouciant nous ait tous explosés au Hold’em.

Le lendemain au petit déj’, debriefing de la progéniture sur le nouveau venu. L’avis des enfants sur les amoureux de maman est toujours un moment redoutable, mais je dois avouer qu’ils sont souvent pertinents et par le passé, j’aurais mieux fait de les écouter plus souvent.

Mon fils a immédiatement adopté l’Insouciant parce qu’il a vu en lui un partenaire de jeu à la hauteur et à disposition. Ma fille, girly oblige, l’a trouvé vachement beau et a rajouté : - Comme ça, si vous faites des bébés, on aura des petits métis, c’est super mignon, surtout les petites filles.

 

Je vous passe les détails de la suite, c’est une conversation récurrente entre ma fille et moi où il est question de l’opportunité ou non de noyer les bébés mâles à la naissance, car là n’est pas le sujet.

Il y avait dans sa phrase un mot qui m’avait frappée : métis.

Et là, je me suis dit : - Tiens, c’est vrai, l’Insouciant est noir.

Pas très foncé, certes, mais noir quand même.

 

Plus tard, quand je lui ai raconté l’anecdote, il s’est marré car il avait bien vu que je n’avais rien remarqué, il se demandait justement quand j’allais m’en apercevoir.

 

Ben voilà, ça m’avait totalement échappé.

 

Ce que je peux être distraite, tout de même.

 

 

will smith.jpg

 

(Le premier qui dit qu’on me reconnaît pas épilée en bas à droite a un gage, Eldiablo fais gaffe…)

 

 

09.10.2008

Peine à jouir

Avant de rencontrer l’Infidèle, tout allait bien.
Il m’arrivait, comme tout un chacun, d’avoir des baisses de libido mais globalement, ça allait. Au pire, je me masturbais une fois par jour.
Quant à mes amants, je n’ai jamais eu trop à m’en plaindre, sur la centaine d’hommes que j’ai connus bibliquement, je ne me souviens que d’une petite dizaine de mauvais coups, dont un éjaculateur précoce et un micro-pénis (oui, ça fait bizarre, d’ailleurs à ce propos, j’ai remarqué une proportionnalité entre la taille des mains et celle de la bite, mais passons). J’ai également eu une vingtaine d’amants légendaires et là, mes copines sont vertes de jalousie. Le reste, dans la moyenne honorable, pas désagréable, de toutes façons, je m’adapte. Je n’ai pas de sexualité propre, je m’adapte à celle de mon partenaire et j’aime ça, j’aime varier.
Tout ça pour dire qu’avant cette funeste rencontre je n’avais jamais eu à faire à un impuissant.
J’ai eu le cas - rare - d’un anéjaculateur authentique, un garçon qui n’avait jamais éjaculé dans un vagin ni un cul et j’avoue avec fierté que quelques temps en ma compagnie lui ont changé la vie. Bref, après cet exploit, je pensais pouvoir faire face à toutes les éventualités. Un impuissant ? Pfff, c d’la balle ! Eh bien non.
Car l’impuissant obsède. L’impuissant, après avoir tout essayé (croyez-moi sur parole, de toutes façons, je ne développerai pas), vous renvoie à vous-même. A votre pouvoir de séduction, à votre potentiel de désirabilité. Et quand le mec le fait exprès pour vous faire chier car il ne supporte pas l’idée que vous ayez eu plus d’amants que lui n’a eu de coïts dans sa vie, quand il veut vous dominer, quand vous n’êtes pas très bien dans votre peau à ce moment-là, eh bien le résultat est dramatique.
Je n’ai plus aucun désir sexuel.
Pourtant je sais tout ça, je sais qui il est, je sais ce qu’il m’a fait, je sais quelles étaient ses intentions, tout ça, je le sais. Rien n’y fait.
Mon sexe est mort.
Alors je lis des blogs de cul pour voir si ça m’inspire, je regarde quelques pornos pour voir si je mouille. Rien. C’est totalement mort.
C’est triste.
C’est très triste.
Par ailleurs, je n’ai jamais été portée sur l’érotisme. L’érotisme m’emmerde. Au mieux, c’est divertissant de lire tous ces efforts de désirs, tous ces efforts pour susciter le désir, au pire, c’est pathétique, pathétiquement chiant. L’érotisme, c’est la came du pauvre, ce qui lui permet d’exister dans sa misérable vie de merde ou ce qui lui permet de se faire connaître quand il aspire au talent, à la notoriété, même restreinte à une poignée d’internautes en mal de vibrations. Non, franchement, l’érotisme ne m’a jamais inspirée, j’y vois trop de misère individuelle. Quant aux efforts pour choquer, ça me fait doucement marrer.

Je crois que je vais attendre que ça passe.

Bon week-end !

 

08.10.2008

Le corps s'entête

Johanne se réveilla les yeux fermés. Alors qu’elle chevauchait un homme dont la tête était posée à côté, un petit coin de sa conscience commença à poser des questions : il est quelle heure ? On est quel jour ?

 

Elle savait que ces questions allaient foutre en l’air son rêve, qu’elle n’arriverait certainement pas à jouir et encore moins à remonter le cours des évènements qui faisaient qu’elle se retrouvait à faire l’amour à un corps sans tête. Ses paupières closes ne laissaient pas passer de lumière. Il faisait donc encore nuit. A quelle heure se lève le jour ? Encore une question de sa petite part de conscience qui ne voulait pas la laisser tranquille. Tout ce qui l’intéressait, la conscience, était de savoir si elle allait être en retard ou pas au boulot. Encore quelques minutes, supplia-t-elle. Non, maintenant, elle savait que son rêve était foutu, qu’elle ne saurait jamais comment elle en est arrivée là. Mais pour une fois, elle n’avait pas été traquée par des tueurs psychopathes, pour une fois, sa vie n’avait pas été en danger. Dommage, les rêves de poursuite, à la vie, à la mort, c’était ce qu’elle préférait plutôt que ces scènes érotiques à la con.

 

 

 

 

06.10.2008

Mémoire Blanche

J’étais pas au courant des Nuits Blanches.

Ca fait dix ans que je vis à Paris et j’étais pas au courant.

Parfois, je me dis qu’il faudrait que je cesse de vivre dans ma tête.

Que je cesse de vivre.

Que je casse ma tête.

Ca commence à bien faire.

 

 

 

03.10.2008

Jusqu'ici tout va bien

Nous sortions de l’ascenseur et traversions le hall de son immeuble moderne, clair et largement éclairé.

Soudain, l’Insouciant s’est arrêté.

- T’as oublié un truc ?

- Non, c’est pas ça.

Il avait l’air soucieux. Puis il a levé les yeux vers le faux plafond où l’éclairage était incrusté et a dit :

- C’est bon.

Nous sommes repartis.

Je ne lui ai pas posé de questions, je ne pose jamais de questions, mais il a dû se sentir obligé de s’expliquer :

- De temps en temps, il faut que je vérifie s’il n’y a pas le Blob accroché au plafond.

- Je comprends, on ne sait jamais.

Il a acquiescé.

 

Je suis super heureuse d’avoir rencontré un mec normal, comme moi.

Nous avons un désaccord de fond sur Total Recall, mais c’est parce qu’il n’a pas vu Turkish Delight donc jusqu’ici, tout va bien… (comme disait le type qui tombe du quinzième étage.)

 

 

02.10.2008

Meta-séduction

Rien ne le dérange.

Ni le Rat Crevé, ni la Vie Matérielle, ni mes absences en plein milieu d’une phrase, ni mes pertes de mémoire, ni mes changements d’états et d’apparence, ni mes larmes irrépressibles.

L’odeur, il ne la sent pas.

Pendant mes absences il attend en silence que je revienne parmi les vivants.

Il me répète nos conversations quand je les ai oubliées comme s’il était naturel que je ne me souvienne pas de ce que j’ai pu faire ou dire la veille.

Le regard qu’il pose sur moi ne change pas quand j’ai les cheveux sales ou pas, quand je suis maquillée ou pas, quand je porte des escarpins ou d’immondes tasse-crotins.

 

-          Tu me trouves glauque ?

-          Ben non, pourquoi ?

-          Je ne comprends pas comment tu fais pour me supporter.

-          Ce que tu ne comprends pas, c’est que je n’ai rien à supporter, je t’adore comme ça.

-          Tu me dis tout le temps des choses adorables et moi je ne suis pas capable d’en faire autant.

-          Je m’en fous, tant qu’on partage ces moments-là, je reste.

-          Mais il va y avoir les autres, aussi.

-          On verra. Bon, dors maintenant, on en reparlera dans 10 ans.

 

Vraiment, je ne comprends pas.

Ca fait un mois qu’on ne se quitte pas, un mois que je ne comprends pas.

Alors, je me laisse faire. Je me dis que lui, doit savoir. Je me répète que c’est quand on arrête de jouer, qu’on gagne. Mais je n’arrive pas à y croire.

L’Insouciant est trop beau pour être vrai, tout est trop simple, trop évident.

Je n’oublie pas que l’Insouciant est un meta-séducteur.

J’ai si peur.

 

 

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