13.11.2009

A toi

Je ne guéris pas de mes morts.

J’en ai pas envie.

Je vis avec eux et aucun psy n’a jamais réussi à me convaincre du contraire même s’ils n’ont que « faire le deuil » à la bouche. Je hais cette phrase, je hais ce concept.

Dans ma carte sim, j’ai toujours le numéro de portable des morts. Ceux-là ne sont pas importants mais j’aime bien, en cherchant un numéro, tomber sur eux de temps en temps.

J’ai mis un peu plus de quinze ans à cesser de pleurer quand je pensais à mon grand-père qui m’a élevée. Sa femme, ma grand-mère, est morte en 2001 et il n’y a pas eu un jour sans que je ne pense à elle. Pourtant, je ne vais jamais sur leur tombe. Je n’y dépose aucune fleur. Ce qui me vaut, chaque année les récriminations familiales, enfin, celles de ma mère, c’est la seule famille ascendante qui me reste. Osef, j’ai pas besoin d’aller sur une tombe le 1er novembre pour penser à eux. Chez moi, je garde comme dans un musée morbide les quelques objets qui me restent d’eux, un vase, un cendrier, un carton de saloperies, des livres aux pages moisies, une bougie, un vide-poche, un cache-pot.

Faire le deuil, ça veut dire oublier.

J’ai pas envie d’oublier.

Il y a aussi les salopards, ceux qui ont fini par crever. Eux non plus, je ne les oublie pas. Et puis ceux qui vont bientôt crever. «Un jour que tu seras assis au bord du fleuve, tu verras le cadavre de ton ennemi passer ». Un truc chinois, à peu de choses près.

J’aime bien les morts.

Je viens de nulle part, ils sont mon passé.

 

 

J'ai un problème

 

Un seul?

 

 

 

Court-bouillon

- 2 carottes

- 3 échalottes

- 1 branche de persil

- thym, laurier, persil

- 10 cl de vin blanc

- sel, poivre.

Idéalement commencer la cuisson à froit et laisser frémir 10 min.

Sinon, laisser frémir 20 min.

Idéalement laisser refroidir.

Plonger le poisson 8 min max dans le bouillon frémissant.