02.07.2009
Désordres
Les absents ont toujours tort.
Il faut caresser les médiocres.
Ce contrat me bouffe la tête, impossible de l’honorer, j’y arrive pas. RV demain avec le mec. Pour lui dire quoi ? J’ai épuisé toutes les excuses depuis trois mois. Son truc, ça m’intéresse pas, c’est compatissant, ça me fait chier, je suis même prête à rembourser l’avance. Mais ce serait encore un échec, je ne peux pas.
J’ai grossi et tous les matins j’ai la gueule de bois alors que je ne bois plus, fatigue permanente, j’ai mal à mon corps. Trop fatiguée pour aller faire des analyses. Faudrait prendre le métro à jeun avec cette chaleur.
Trouvé des idées pour mon projet perso, hâte de m’y mettre mais il faut finir (et déjà commencer) cette putain de commande misérable que j’ai pris en horreur.
Soirée cata avec A et L. On a essayé de rattraper le coup, pas sûre d’y être arrivée. Tant pis. De toutes façons, j’ai pas envie de les faire changer d’avis, je les emmerde. Très mauvais, ça. Je devrais pas. Mais toute ma vie est faite de « je devrais pas ». Et puis L m’a piégée. Décidément, j’ai toujours pas grandi.
Recommencé à fumer, plus l’énergie de me battre contre.
Les jours passent sans que je ne fasse rien. Même pas le courage de chercher une loc pour les vacances. Quelles vacances ? Je suis toute l’année en vacances.
Trois ans que je me suis pas acheté de fringues et toujours pas envie. Une des raisons pour lesquelles je n’ose plus sortir dans le « monde ». Trop honte d’avoir l’air d’une plouc. Trop peur de leur cracher mon mépris à la gueule.
Les absents ont toujours tort.
« Avant j’avais la honte, maintenant j’ai la haine ».
Paralysante.
11:28 Publié dans Feuilleton | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
01.07.2009
Consommation durable
Bien évidemment, je ne suis pas bêtement contre la thérapie analytique.
J’ai été suivie pendant 3 ans par un psychiatre et un psychothérapeute au Centre Médico Psychiatrique (CMP) de mon quartier. Les six premiers mois, j’allais même prendre mes médocs là-bas tous les jours, en même temps que les patients de l’hôpital de jour. C’était bien, ça recadrait. Attendre avec des gens qui bavent ou qui se pissent dessus, ça recadre. Et puis l’équipe d’infirmier(e)s était vraiment bien. D’ailleurs, ils étaient tous formidables dans ce CMP, des vrais pros qui m’ont accueillie en mille morceaux et qui m’ont accompagnée sur le chemin de la guérison.
Ils m’ont réconciliée avec les charlatans que j’avais pu fréquenter auparavant, de ceux qui sont pas remboursés par la sécu parce que pour une thérapie il faut « payer », c’est Freud et Lacan qui l’ont dit. Là, au CMP, c’est entièrement gratuit, on donne même pas sa carte vitale. N’importe quel pauvre même sans CMU peut y aller. Evidemment, ils sélectionnent les patients et choisissent ceux qui en ont vraiment besoin. Exit les thérapies de « confort » pour les états d’âme de midinette. Au CMP, il n’y a que des malades.
D’un autre côté, dans le privé, on fait bien ce qu’on veut avec son argent. Certains le claquent en restos, d’autres en sorties, livres, plan culs, voyages, etc. d’autres chez le psy, j’ai rien à dire à ça.
Mais ce qui m’exaspère, c’est le diktat du Bien-Etre élevé au rang de norme, l’ultra-consommation de Bien-Etre onaniste à tous les étages (qui passe également par les soins pour la peau, les massages, les huiles essentielles, les spas, la relaxation, la réflexologie, les tisanes bios, etc.), ce terrorisme intellectuel qui stigmatise le moindre doute et la plus petite tristesse existentielle en maladie à soigner. Comme si, il n’était pas normal de souffrir en ce monde, de ne pas réussir à faire un deuil, de ne plus avoir de désir, plus d’énergie, plus d’envies. Comme si il n’était pas normal de rater, alors que c’est la réussite qui est rare.
Aujourd’hui, on peut tout s’acheter, on peut tout avoir avec de l’argent. Dans cette condition de l’offre gigantesque de course au bonheur, il est impensable, si l’on a l’argent, de ne pas être heureux. Les psys participent largement à cette vaste fumisterie, en faisant croire que la souffrance n’est pas un état « normal ». Alors que c’est la sérénité et la plénitude qui sont des états exceptionnels. Bref, les thérapie et analyse de « confort » pour bobos à l’âme en faisant la promesse du bien-être rendent les gens encore plus malheureux car on leur dit « c’est pas normal que tu souffres » et « c’est pas étonnant vu tes traumatismes de la petite enfance ». Car là est la beauté du foutage de gueule : on a tous des traumas. On ne peut donc que croire ces gens qui nous promettent des jours meilleurs.
Il y a donc les malades, qui ont besoin de la thérapie pour guérir et les autres qui s’offrent cette gâterie.
Comment savoir si on est malade ? C’est très simple : un état d’âme devient pathologique dès lors qu’il empêche d’avoir une vie sociale normale, c’est-à-dire, dès qu’on n’est plus capable de travailler ou d’avoir des relations sociales (amour, amitié) tant la souffrance prend le dessus.
Tout le reste, c’est de l’allégeance au capitalisme impérialiste galopant, de la soumission au marketing du « bien-être », du luxe et un passe-temps dont on pourra éventuellement se servir comme caution pour faire chier son entourage ou se faire plaindre.
10:12 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
30.06.2009
Imagine
La mort de Michael Jackson m’indiffère totalement, à sa sortie, Thriller m’avait donné envie d’être punk.
Ses déboires judiciaires m’indiffèrent vaguement, il a été acquitté après que les plaignants se soient rétractés suite à l’indemnité qu’il leur a versée la veille du jugement. Dans ces affaires, je ne peux cependant pas m’ôter de l’esprit que les parents peu scrupuleux logés dans le pavillon des invités n’aient pas tout simplement « vendu » leurs enfants.
Mais, je ne peux que compatir à l’angoisse de l’artiste. Le jeune homme avait plus de talent que n’importe qui, mais contrairement à Madonna ou d’autres, il n’a pas travaillé, vivant sur son don et ses facilités. La qualité des albums qui ont suivi Thriller s’est détériorée jusqu’au dernier, qui est franchement une grosse daube. Le talent l’avait déserté. Nul doute qu’il le savait et que ça l’angoissait. Criblé de dettes, pressé par ses banquiers pour trouver du pognon, il a finalement accepté ces 50 concerts, sachant qu’il ne pourrait pas les honorer ne serait-ce qu’à cause de sa faiblesse physique. Côté show qu’avait Michael dans ses baloches ? Rien. Queud. Même pas le début d’une chorégraphie d’une intro. Il avait viré ses musiciens il y a quatre semaines. Il se rendait au studio de repet pour donner le change aux journalistes mais n’y faisait rien.
Alors je peux imaginer l’angoisse du type qui est obligé de faire des concerts pour gagner du pognon, qui sait qu’il n’a plus de talent, plus de musiciens, pas de spectacle et qui sait que dans trois semaines la vérité éclatera en faisant de lui le plus gros escroc après Madoff (40 millions de dollars de billets vendus, pour éponger ses dettes de quelques 160 millions…).
Avec une telle pression, pas étonnant que le cœur lâche.
La mort lui a permis de se sortir dignement de ce sale pétrin.
Sa disparition me laisse indifférence mais pas l’horreur de sa souffrance.
10:43 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


